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Reconnue comme un événement culturel majeur du plateau des Guyanes notre Biennale du Marronnage a acquis désormais une dimension internationale qui lui confère un statut d'espace privilégié de rencontres et d'échanges entre toutes les formes d'expression des cultures métissées issues de la rencontre, aujourd'hui fusionnelle, mais si souvent conflictuelle par le passé, des cultures africaines, européennes et amérindiennes.
Se posant fondamentalement comme devoir de mémoire et comme démarche de réappropriation, par les peuples marqués du coin de la sombre période de la traite négrière et de l'esclavage, de cette page de notre histoire commune, perçue trop souvent à travers le filtre fréquemment dénaturant de la pensée colonisatrice, la Biennale du Marronnage est aussi l'expression de notre volonté d'inventorier et de valoriser toute les richesses culturelles des sociétés façonnées au moule du Marronnage, compris comme acte primordial de refus de toutes formes de soumission et d'atteinte à la dignité et à la liberté de la personne humaine. |
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Sous l'intitulé "Des Mémoires à l'Histoire" la 7ème édition de notre Biennale se propose d'ouvrir des voies nouvelles d'explorations des vastes espaces de la "Marronnie" à travers un plateau artistique réunissant autour des artistes locaux des groupes et artistes du Gabon, de la Louisiane, des Antilles, de Haïti, du Brésil, de la Jamaïque, du Sénégal ou encore de la Réunion, une exposition d'art visuels, un forum artisanal et surtout un colloque avec un panel de chercheurs et d'universitaires de renommée internationale.
Jean-Pierre Théodore ROUMILLAC |
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A l'occasion de la 7ème édition, notre voyage dans l'univers du marronnage nous conduira dans les multiples espaces géographiques dans lesquels s'est forgé et a pris corps le concept même de marronnage sous le thème "Des mémoires à l'Histoire".
L'universalité du concept marronnage, perçu comme un acte fondamental de refus de soumission à toute forme d'oppression ou de diktat visant à limiter pour un être humain, ou pour une catégorie d'êtres humains, la pleine expression de ses libertés fondamentales et, de ce fait, à porter atteinte à son intégrité et à sa dignité, s'étant traduite (et se traduit encore) sous différentes formes et modalités selon l'espace géographique, le contexte historique, la conscience humanitaire de l'oppresseur, nous nous proposons d'en explorer tous les modes d'expression dans leur diversité de contextes. A cet effet, en outre des cultures marronnes des mondes caribéens et latino-américains, nous ouvrirons notre approche à l'expression du Marronnage en Louisiane et à celles qui, contrairement aux idées préconçues, se sont manifestées sur le continent africain.
C'est ainsi, qu'au delà des artistes invités pour les manifestations culturelles (musique, danse et arts visuels), aura lieu le 1er colloque international organisé sur ce thème avec la participation de chercheurs éminent. |
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Le thème de cette édition "Des Mémoires à l'Histoire" a donc, dans cet esprit, inspiré un visuel tentant d'illustrer à la fois l'universalité du marronnage (planète), mais aussi la violence et l'inhumanité de toute forme d'asservissement (enchaînement, côté sombre de l'image), la colère qui en découle (poings serrés), mais aussi l'évident droit à la liberté dû à tout être humain (fers brisés).
Ces notions peuvent d'ailleurs au sens large, être étendues à de nombreux autres actes d'oppression qui ont au fil des siècles jalonnés notre histoire, que ce soit à l'époque des pharaons, ou, plus récemment, durant la seconde guerre mondiale avec la persécution (en particulier) du peuple juif. Aujourd'hui encore, dans diverses régions du monde, des enfants et des adultes travaillent tels des esclaves, des massacres sont commis sous couvert de religion ou d'origine ethnique... L'universalité du concept de marronnage n'est donc pas seulement géographique : elle est également temporelle.
Le devoir de mémoire et de transmission du (des) savoir(s) (livre) fait partie des actes nécessaires pour contribuer à aider l'humanité à évoluer et tenter de lui apprendre à ne pas reproduire les erreurs et horreurs du passé.
C'est pourquoi la diffusion de la connaissance de l'histoire de son propre peuple, mais aussi de celle des autres (jaillissement de lumière émanant du livre et transmission de cette lumière par les pages en vol), est avant tout source d'espoir (lueur apportée par les oiseaux dans les zones obscures), car le savoir entraîne la compréhension, et, la compréhension... c'est le premier pas vers le respect de l'autre... |
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